La "stérilisation" n'est pas un argument pour tous les trans

Le terme "stérilisation" apparait depuis quelque temps dans certaines revendications qui voudraient faire croire que toutes les personnes trans subissent (=contre leur gré), pour obtenir le changement d'état civil, une chirurgie qui les rend stériles - il s'agit de toute chirurgie à caractère génitale (1).

Il y a là une utilisation abusive et trompeuse de ce terme qui traduit également un défaut d'analyse et de réflexion chez ceux qui l'utilisent.

Abusive parce que les messages portés laissent penser que toutes les personnes trans demandent la même chose (=protestent en dénonçant cette « stérilisation »).

Or rien n'est plus faux: les personnes transsexuelles demandent une prise en charge médicale (hormones, chirurgie génitale et, selon le cas, traitements complémentaires) et la rectification de leur état civil alors que les personnes transgenres demandent avant tout la possibilité de changer d'état civil, et cela sans chirurgie génitale, voire même pour certainEs sans aucune condition médicale.

Trompeuse également du fait que les traitements hormonaux, pris à long terme, ont très probablement un effet néfaste sur la capacité de reproduction, et cela même en l'absence de toute chirurgie génitale. Or, quasiment toutes les personnes trans (transsexuelles et transgenres) demandent et prennent un traitement hormonal.

Ajoutons qu'une personne trans qui demande la chirurgie génitale n'est pas totalement idiote et sait très bien que cette chirurgie la rend infertile - le terme « infertile » est d'ailleurs plus approprié (2) que le terme « stérile » car la personne, informée des conséquences de la chirurgie génitale sur sa future capacité de reproduction, peut envisager avant toute chirurgie une conservation de gamètes qui lui permettra d'engendrer ultérieurement (certes avec d'importantes difficultés administratives mais cela est un autre sujet).

D'un autre point de vue, on peut constater qu'il y a 2 formes d'infertilité :
- celle qui est choisie puisque inhérente au choix de la personne transsexuelle qui demande la chirurgie génitale pour divers motifs non exclusifs les uns des autres (par exemple l'image que la personne a de son corps, ou bien la sexualité qu'elle envisage par rapport au genre visé),
- celle qui est subie par les autres personnes qui semblent imaginer qu'en dénonçant une soit disant stérilisation elles pourront obtenir un changement d'état civil, et cela en oubliant que les traitements hormonaux pris à long terme affectent leur fertilité.

Enfin, si l'on admet qu'il y a de toute manière une forme d'infertilité incontournable associée à la démarche des personnes trans, on peut se demander à quoi et à qui sert cette argumentation.

 

note 1- Hystérectomie, ovariectomie, phalloplastie pour les FtM - orchidectomie, vaginoplastie pour les MtF

note 2- « stérilité » renvoie à l'impossibilité de procréer, à l'infertilité » laisse comprendre qu'il y a une solution palliative

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